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2 mai 2004
: La Tour d'Aigues - Étang de la Bonde - Ansouis - Silvacane
Nous voilà prêts pour notre
4ème sortie ! Le temps est nuageux mais pas de pluie, c'est
déjà ça.
Regroupement sur le parking à Fréjus.
Aujourd'hui nous sommes 30 personnes au total, pour 22 machines réparties
en deux groupes de 10 et 12 motos.
Depuis Fréjus, nous suivons la Nationale 7 en passant par Vidauban, Le
Luc, Brignoles, Tourves, jusqu'à Saint-Maximin ...
Lors de l'arrêt carburant, les derniers participants rejoignent le groupe.
... où nous nous arrêtons sur la place, pour la pause matinale au café "La Renaissance".
Allez, tout le monde bien en ligne !

Dedans ou dehors ? Avis mitigés, comme la météo :-)
Après ces quelques instants de repos, nous
voilà à nouveau sur la route. Après quelques
kilomètres nous quittons la N7 pour des routes plus petites
passant par Pourrières et le Puits-de-Rians, puis la D10 qui
contourne la montagne Sainte-Victoire. Avant Vauvenargues nous
empruntons la D11, bordée d'une multitude de buissons
taillés aux formes étonnantes, qui nous mène
jusqu'à Jouques en traversant la montagne des Ubacs et le canal
de Provence. Nous traversons la Durance par le pont Mirabeau, prenons
la D973 pour la Bastidonne puis la D165 jusqu'à la Tour
d'Aigues, aux portes sud du Lubéron.

Le château Renaissance de le Tour d'Aigues.
Perché sur un mamelon au bord de la rivière d'Eze
(alt. 270 m), la Tour d'Aigues est une commune de 4010 habitants. Les
plaines alentours sont propices à l'agriculture et les coteaux
sont plantés de vignes.
Le château de la Tour d'Aigues, bâti en plusieurs
étapes depuis le Moyen-Age, appartient au département du
Vaucluse depuis 1897. Le premier château
médiéval date du 11ème siècle et fut
ensuite agrandi et transformé en château renaissance au
16ème et au début du 17ème siècle. En 1792
les révolutionnaires investissent les lieux et incendient le
château, qui brûlera pendant cinq jours et cinq nuits. Depuis 1974, il
est en restauration, et reste aujourd'hui sans doute l'un des plus
beaux témoignages de l'architecture privée de la Renaissance. Le sous-sol abrite le musée de la faïence et celui du pays d'Aigues.
Vu sous un autre angle... un air de décor de théâtre, non ?

L'imposant portail d'entrée, tel un arc de triomphe.

Quelques détails architecturaux intéressants.

De gauche à droite, les tours
médiévales modifiées à la Renaissance
(larges ouvertures et des décors plaqués), le donjon
médiéval, la partie renaissance.
Trève de monuments historiques, nous enfourchons nos machines
direction la Motte d'Aigues, où nous faisons halte à
l'étang de la Bonde, pour un pique-nique au bord de l'eau.
Situé entre la Tour d'Aigues et
Cucuron, l'étang de la Bonde, avec ses 30 hectares, est le plus
grand plan d’eau du parc naturel du Lubéron. Sa profondeur varie
entre 2 et 5 mètres.
Créé au 15ème siècle par le seigneur
Fouquet d'Agoult, qui pour l'alimenter fit construire un aqueduc, il a
contribué à développer l’agriculture du Pays
d’Aigues. Aujourd’hui, il fait toujours partie d'un réseau
d'irrigation, mais c'est aussi un lieu très prisé pour la
baignade, la planche à voile et la pêche.

Chacun gare sa monture.

Sans oublier l'indispensable "SIS", version maison modifiée par Jacques : drainant et antidérapant ! ;-D

Chacun s'installe... tout est prévu !

L'étang de la Bonde, parapet de pierre, chênes et platanes bicentenaires.

Pique-nique sympa au bord de l'eau. Rien ne manque, le restaurant du lac nous
offre sa terrasse avec beaucoup de gentillesse et fournit les boissons.
Après cette agréable pause déjeuner, nous repartons par la D37 jusqu'à Ansouis.
Nous voilà sur le parking d'Ansouis, en contrebas du château.

Vue sur la vallée.

Le deuxième groupe se gare aussi... pas beaucoup de place !
Construit sur le versant de la butte
protégé du Mistral, Ansouis est un village de 1057
habitants, classé parmis "les plus beaux villages de France".
Au Moyen-Age, Ansouis était un lieu stratégique,
surveillant l'ancienne route entre Marseille et Apt qui passait par
Aix, Pertuis, Cucuron et Lourmarin et divers chemins qui remontaient la
vallée de la Durance.
En avant pour une brève visite des lieux !

La tour de l'horloge, semi-circulaire et intégrée aux bâtiments du 15ème
siècle, elle est coiffée d'un clocher en fer forgé.


Maisons parfaitement entretenues, ruelles vraiment pittoresques ...

... et restes de fortifications mis en valeur.
Un château initial, dont il ne reste pour ainsi dire aucune trace, a
été érigé en 961 par un certain Boson, Comte de Provence. Avec son
fils Guillaume va s'éteindre la lignée masculine des Bosons car
celui-ci n'a que trois filles qui, par leurs mariages, vont transmettre
leurs droits à trois maisons importantes différentes. De l'une d'entre
elles sera issue la lignée des de Sabran, qui occupe le château depuis
1193, avec une seule interruption de deux cent ans, de 1614 à 1836.
C'est cette famille qui va faire de la première fortification
rudimentaire, la somptueuse demeure actuelle.
Au début du 14ème siècle,
la famille de Sabran va connaître un couple de saints
célèbres. Il s'agit d'Elzéar II de Sabran et de
Delphine de Signes. Ils ont été mariés très
jeunes; elle se destinait à la voie monacale et tous deux ont
juré de vivre dans la continence. Ils respectèrent leur
voeux de chasteté pendant les 24 ans de leur vie commune, leur
vie dévote leur valurent la vénération des
villageois. Elzéar mourut à Paris à 37 ans et son
épouse lui survécut 37 ans également.
Elzéar fut canonisé une cinquantaine d'années
après sa mort mais pas Delphine. Cependant, les villageois l'ont
toujours considérée comme une sainte et chaque
année, une processions a lieu en leur souvenir.
Nous continuons à monter vers le château ...


... et ses fortifications médiévales ...

... dans lesquelles vient s'imbriquer l'Église Saint-Martin.
L'Eglise Saint-Martin,
bâtiment fortifié du 12ème siècle,
était l'ancienne cour de justice du château. L'on peut
voir les modifications apportées à l'édifice,
où les meurtrières côtoient les fenêtres à
vitraux.
L'autel en bois doré est de la première moitié du
18ème siècle. A gauche, autel du 18ème
consacré à la vierge. A droite un autre autel du
18ème, les bustes de Saint-Elzéar et Sainte-Delphine ainsi
que cinq panneaux illustrant la vie des Saints (huiles sur bois datant
de 1630 environ). La présence du mur d'enceinte des
fortifications attenantes a imposé un décalage entre le
choeur et la nef, qui ici, ne sont pas alignés.
L'intérieur de l'Église Saint-Martin.

A l'extérieur, la vue domine la plaine.

Les remparts et l'entrée qui mène au château, surmontée de créneaux et de mâchicoulis.


Grilles médiévales ...

... mais mécanisme quelque peu modernisé !

En haut, vue panoramique sur
l'église et son clocher, le château, les jardins
décorés de buis taillé, les remparts, la
vallée et le village.
L'intérieur du
château offre une magnifique collection de meubles des 17 et
18ème siècles ainsi que de belles tapisseries, mais nous
n'avons pas le temps de tout visiter aujourd'hui.
En selle, direction Lourmarin afin de nous ravitailler en carburant. Le
temps se gâte, nous enfilons nos équipements de pluie ...

Pause essence et combinaison de pluie !
... et c'est sous une pluie battante que
nous suivons la D943 vers Cadenet, passons la Durance et nous
arrêtons à l'Abbaye de Silvacane, sur la commune de la
Roque d'Anthéron.
Plus que quelques pas ...

... et c'est le hall d'accueil. Enfin au sec !

Ce présentoir vide semble parfait pour faire sécher un peu les gants :-)

La façade principale du bâtiment. Nous avons même droit à un peu de soleil !
Le guide réservé
par nos soins avant notre arrivée nous emmène pour une visite
de ces lieux remplis d'histoire et d'architecture.
Le groupe, pendu aux lèvres du guide. Qu'ils sont sages ;-)
Avec ses soeurs du Thoronet et de Sénanques,
Silvacane est l'une des trois abbayes sistérciennes de Provence. Des
moines s'installèrent au bord de la Durance en 1144 dans un lieu
marécageux qui donne son nom au monastère : Silva (forêt) Cana
(roseaux), forêt de roseaux. En effet, à l'époque
la Durance coulait aux pieds de l'abbaye. Aujourd'hui, son lit s'est
déplacé beaucoup plus loin, mais une source au
débit relativement important (20 litres par secondes) alimente
toujours l'abbaye en eau.
L'architecture rigoureuse
et sereine de l'édifice constitue un exemple
caractéristique de l’art de bâtir des cisterciens.
En 1175, Bertrand des Baux entreprends la construction de
l’église abbatiale où il sera enterré.
Terminée en 1230, elle est située sur le point
le plus élevé du site. A l’intérieur, elle
présente de hauts vaisseaux
couverts de voûtes en berceau brisé, qui reposent sur de
puissants
supports cruciformes. Ses chapiteaux, aux motifs simples et
épurés,
sont d’une grande finesse.
Le cloître a été édifié durant la seconde moitié du 13è siècle contre
le transept de l'église. Ses galeries, solides et austères, s’ouvrent
sur un préau par une série de baies en plein cintre.
A l’Est du cloître, la salle capitulaire et la salle des moines sont
dotées d’élégantes voûtes gothiques du 13è siècle.
L’aile nord du
cloître est bordée par le grand réfectoire, reconstruit à l’époque
gothique, en 1423. Celle-ci est bien plus richement ornée que le reste
du monastère : elle a été bâtie à un moment où l'on respectait la règle
de saint Bernard avec une rigueur moindre.
L’abbaye a été transformée en ferme à la Révolution. Elle a cependant
conservé en grande partie son aspect d’origine grâce à l’intervention
de l’État, qui l’a restaurée durant près d’un siècle.
Entrez donc, la visite commence !
(cliquez sur une image pour l'agrandir, puis sur le bouton
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L'emplacement des bâtiments annexes, découvert lors de fouilles récentes.
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Le mur d'enceinte du cloître. Au fond, le réfectoire.
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Ce canal servait à l'élevage des poissons.
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La grande nef, voûtée de berceaux brisés, rythmée par des arcs doubleaux.
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| La même dans l'autre sens.
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La croisée du transept
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... couverte d'une voûte d'ogive, première tentative de voûtement gothique.
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Une autre vue.
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| Les collatéraux, de part et d'autre de la nef. Côté gauche ...
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... et côté droit.
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Le tombeau de Bertrand des Baux.
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Le guide nous raconte son histoire.
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Encore un coup d'oeil à la nef. Au fond, le choeur carré.
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Les chapelles, avec leur autel ... |
... celle ci est la plus ancienne ... |
... celle-là a été construite plus tard, notez l'affinement des arcs. |
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Le dortoir, où les moines se couchaient sur des paillasses. Accès direct depuis l'église.
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Située au 1er étage, cette salle est bien éclairée par des baies en plein cintre.
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Graffitis d'époque ? :-)
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Cet escalier redescend au rez-de-chaussée, vers le cloître ...
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... nous l'empruntons.
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Les galeries du cloître, couvertes d'une voûte plein cintre sur arcs doubleaux ...
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... avec aux angles, une voûte d'ogive.
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L'intérieur du cloître ...
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... et son jardin.
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Coup d'oeil vers le haut.
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Colonnette recoupant l'une des arcades.
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Dans le jardin, le lavabo qui servait aux ablutions.
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La sacristie.
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La salle capitulaire, recouverte de six voûtes sur croisée d'ogives retombant sur deux colonnes ...
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...
on y lisait chaque jour un chapitre de la règle de
St-Benoît et on y traitait des questions de vie communautaire.
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Le passage entre le cloître et le jardin extérieur, par lequel les moines se rendaient aux champs.
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La salle des moines, ou chauffoir. Travail intellectuel et copie de manuscrit.
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C'était la seule pièce chauffée du monastère. Ici, la cheminée.
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Le réfectoire, qui borde l'aile nord du cloître, ...
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... est constitué d'une nef à quatre travées voûtées d'ogives.
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| Toujours le réfectoire, vu dans l'autre sens ... |
... une rosace et de larges baies assurent l'éclairage. |
La visite terminée, un dernier regard sur l'abbaye.
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C'est sûr qu'on aurait préféré avoir ce temps là, mais c'était bien quand même !
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Nous revoilà à nos montures, prêts pour le voyage de retour vers Fréjus.
Retour au parking de l'Abbaye, toujours aussi humide !

Regroupement après le péage.
Cette sortie du dimanche 2 mai fut encore très
enrichissante. Que de choses magnifiques a voir ! Trop pour une seule
journée en fait, mais peut-être y retournerons nous ...
Jean-Marc
Sources : carte Michelin 245, www.provenceweb.fr, www.chateau-latourdaigues.com, www.luberon-news.com, www.monum.fr
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