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dimanche 10 avril 2005   :   La pierre écrite


Aujourd'hui le temps sur Fréjus est franchement... pas terrible, la pluie tombe doucement et pas un coin de ciel bleu à l'horizon.
Côté prévisions météo, on nous promet de meilleurs cieux plus au nord. Ça tombe bien, c'est là qu'on va !
En attendant, chacun revêt la tenue de combat qui va bien.




Préparation du départ sur le parking à Fréjus.
Une fois n'est pas coutume, la vstrom jaune étant vendue, votre serviteur a pris la petite moto bleu à droite de l'image.

Au départ 18 motards et 12 motos prennent la route direction Bagnols-en-Forêt, Saint-Paul en forêt, puis Fayence. En chemin 4 autres motos et 6 personnes rejoignent le groupe, soit au total pour cette sortie 24 motards et 16 machines.

Ça nous change de voir ces paysages sous la pluie. A Fayence, l'on peut voir les montages familières de l'arrière pays, sauf que cette fois elles sont toutes blanches !
Nous continuons sur la D563 passant par Mons, où la pluie semble s'arrêter. Pendant que nous prenons de l'altitude, l'humidité laisse place à la neige sur les bas côtés et les pentes des montagnes au milieu desquelles serpente la petite départementale.

La D563 nous mène jusqu'à la Route Napoléon (N85) au Col de Valferrière. Là c'est un spectacle hivernal qui nous attend, sous les flocons de la neige tombante.



Le Col de Valferrière...



... côté est, direction Grasse, ...



... et côté ouest, direction le Logis-du-Pin.



Le groupe 1 fait une petite pause au Col.

Paysages inhabituels pour ceux qui ont l'habitude de prendre ces routes en moto sous le soleil !

Nous continuons sur la N85 direction Castellane. Après le Logis-du-Pin, sur le plateau, les nuages blancs s'espacent pour faire place au bleu du ciel. Au Col de Luens, le paysage est magnifique et irréel, avec ces sommets d'un blanc éclatant, ces arbres aux branches alourdies par une épaisse couche blanche qui commence à fondre sous les rayons du soleil.


 

En route vers les sports d'hiver :-)

Seul inconvénient il fait froid, à peine 3 degrés. Les gants sont mouillés et c'est là que l'on regrette de ne pas avoir de poignées chauffantes ! Heureusement, nous arrivons bientôt à Castellane, où la pause café est d'autant plus réconfortante.




Arrivée à Castellane. Ça y est, il fait beau !>

 

Pause café en terrasse.



Vue sur la place de Castellane, avec au loin un sommet enneigé.

On resterait bien là à discuter tout en se réchauffant, mais il faut déjà repartir, il reste encore une longue route à faire.




En sortant de Castellane, voici un autre sommet enneigé.

Nous quittons Castellane par la N85 et grimpons le Col des Leques.
De l'autre côté du Col, la route redescend vers Barrême, traversant à nouveau des paysages où le blanc domine.




Que de virages... attention, le bitume est mouillé et il y a parfois des plaques de neige.

Puis la route se rétrécit et s'enfonce entre les montagnes lors du passage de la Clue de Taulanne.
Le paysage est splendide ...



... mais au détour d'un virage sans visibilité, la route est recouverte de neige !



Virage à droite au pied de la falaise dans la clue de Taulanne, ...



... manque de chance, c'est juste à cet endroit que la route n'est pas déneigée.

On passe comme on peut... la moto de notre ami Michel glisse et l'entraîne dans sa chute, heureusement sans gravité, juste quelques rayures.

Nous passons Barrême, la route est maintenant sèche et agréable, et continuons sur la N85 jusqu'à Digne, où l'on s'arrête pour une petite pause, le temps de retirer les combinaisons de pluie et pour certains, de faire le plein d'essence.




Petit arrêt à Digne. Profitons-en pour nous mettre plus à l'aise.



Le 2ème groupe rejoint le 1er ...



... et nous voilà prêts à repartir par la montagne !

On redémarre, première à droite direction Thoard et le Col de Fontbelle par la D3. Nous laissons Thoard à notre droite, et la petite route serpente un bon moment dans la montagne avant d'atteindre le Col. L'endroit est bien aménagé, sous les pins et les mélèzes on trouve des tables de pique-nique, une fontaine, un parcours de santé, un sentier de découverte de la forêt, des panneaux expliquant la restauration des terrains de montagne et le reboisement, etc ...
Pour de plus amples explications, allez voir ici, tout y est bien décrit.




Le Col de Fontbelle, altitude 1304 m.

Puis la route descend vers Authon, dans la Haute Vallée du Vançon.



Coup d'oeil en arrière avant de descendre dans la vallée. La neige sur le versant nord n'a pas encore fondu.

  

Superbe paysage, avec ces barres et pics rocheux aux formes, parfois insolites, taillées par l'érosion.

Près d'Authon nous traversons les "terres noires", ces marnes noires éventrées par l'érosion. Authon est l'une des plus petites communes avec 21 habitants, mais possède 2 églises.
Nous passons Saint-Geniez, petit village de 59 habitants, 3 églises, une chapelle, et un parc animalier.
Puis la vallée se resserre. Pour les amateurs de géologie, plus de détails ici et ici.




Les grands espaces font place à ceci, la route longe le cours d'eau "Riou de Jabron".

La route plonge ensuite entre les parois d'un défilé rocheux qu'un torrent, le Riou de Jabron, a taillé dans le calcaire de la montagne. Nous sommes dans le défilé de pierre écrite.



Tout le monde s'arrête près du rocher où se trouve l'inscription.

Nous nous arrêtons près du rocher historique, gravé au 5ème siècle. L'endroit est aménagé, avec des panneaux explicatifs et un sentier piétonnier grimpant sur les hauteurs et jalonné de tables de lecture et de points de découverte.



Le même rocher, vu dans l'autre sens. Sur la droite, le panneau d'informations (table de lecture) et un sentier balisé.



La pierre écrite : inscription en latin gravée à même le rocher au 5ème siècle après J.C.

Cette inscription gravée,  gallo-romaine du 5ème siècle, mesurant 1m75 par presque 2m, est classée par les monuments historiques depuis 1909.

L'ancien préfet des Gaules Claudius Postumus Dardanus et son épouse Nevia Galla nous informent qu'ils ont fait tailler dans leur montagne un chemin pour se rendre sur le lieu de Théopolis. Ils ont ensuite ouvert à tous cet accès sécurisé par des portes.

Pour la traduction du texte et plus de détails, cliquez ici. Vous trouverez une autre traduction et des gravures du 19è siècle ici.



La table de lecture.
Cliquez dessus pour agrandir l'image !

Il est déjà 13 heures et la faim se fait sentir ! Nous voilà donc repartis, direction Sisteron où nous attend le déjeuner.




Nous continuons sur la D3 ...



... direction Sisteron, dont on peut voir la Citadelle au centre de l'image.
Au fond, les crêtes enneigées de la montagne de Lure.

La descente sur Sisteron, sous un soleil radieux, nous offre un superbe panorama sur la vallée de la Durance.



La clue de Sisteron, vue côté nord. En haut à droite la citadelle, au centre coule la Durance.

Sisteron est une ville d'environ 7200 habitants, située à 485 m d'altitude à l'endroit où la Durance a brisé la barre rocheuse pour venir couler sur les terres de Provence.




Arrivée à Sisteron par le côté nord. Le parking où nous nous garons se situe juste à l'entrée de la ville, avant le tunnel.

Le restaurant se trouve à l'entrée nord de la ville, juste sous la citadelle, et surplombe la Durance et le pont qui la traverse.
Cette citadelle a été bâtie dès le 12ème siècle puis agrandie et modifiée au 14è, 16è, 17è et 19è siècles. Aujourd'hui elle abrite la chapelle Note Dame du Château ainsi que deux musées.




A gauche, la roche si caractéristique de l'endroit ...



... à droite la citadelle, perchée sur son rocher, domine la vallée ...



... entre les deux, l'endroit où l'on mange :-)

Entrons donc nous restaurer.



Chacun choisit sa place ...

 

... et goûte aux joies de la table.

Dans une ambiance chaleureuse, les discussions vont bon train. La matinée fut riche en images et en émotions qu'il est si agréable de partager entre amis.


   

Aperçu du menu.

En entrée une terrine de chevreuil, puis un excellent sauté d'agneau, en dessert un bavarois, suivi du café. Le restaurant est sympathique et on y a bien mangé, tout va bien !

Faute de temps, la visite de la ville n'est pas au programme, mais vous trouverez des informations intéressantes en
cliquant ici.

Le repas terminé, en selle pour le départ !
Après la traversée de la ville nous faisons halte, pour faire le plein bien sûr, mais aussi pour une petite séance de mécanique improvisée sur la Cagiva de Michel. La poignée d'embrayage n'agit presque plus et il est difficile de rouler dans ces conditions. Heureusement qu'Eric est là avec ses talents de mécanique, quelques outils, un bout de tuyau et un gobelet en plastique. En peu de temps le circuit de l'embrayage hydraulique est purgé et à nouveau pleinement fonctionnel !
Nous reprenons la route vers le sud. Les nuages commencent à s'accumuler dans le ciel et le vent se lève.


 

Je purge, tu remplis... et voilà un dépannage au pied levé.

A nouveau en selle nous prenons la D4, traversons Volonne avant de retrouver la N85 jusqu'à Mallemoisson. Un kilomètre plus loin nous obliquons vers le sud par la D17 puis la D907 qui nous fait passer par Mézel et arriver à La Bégude. Là, nous prenons la D953 qui grimpe jusqu'au Poteau de Telle, au bord du plateau de Valensole, dans un enchaînement de virages fort sympathiques.
En haut de la côte, derrière nous une très belle vue sur  la vallée de l'Asse et devant nous le plateau de Valensole avec ses champs de lavandins, composant une immense mosaïque de bleus et d'or.




Vue sur la vallée de l'Asse depuis le Poteau de Telle.



Le plateau de Valensole et ses champs de lavande. En arrière plan se profile Moustiers-Sainte-Marie le canyon du Verdon.

Nous passons Puimoisson et à Riez nous empruntons la D11 jusqu'à Quinson et son lac où l'on croise le Verdon.




Le lac de Quinson et le pont qui enjambe le Verdon.

La D13 nous fait passer par Montmeyan, puis aux environs de Fox-Amphoux nous suivons la D32 jusqu'à Sillans-la-Cascade. Nous nous arrêtons café pour le dernier pot avant le retour.




Parking devant le château de Sillans-la-Cascade.



On descend vers le café, où nous accueille ce bel étalon :-)



Depuis le café, vue directe sur l'église Saint-Étienne, du 17è siècle.

Ça fait du bien de tous se retrouver, devant un café ou un chocolat chaud, après une journée si bien remplie ! Tant de choses à raconter et qui resteront à coup sûr dans nos souvenirs.




Dernier pot avant de rentrer chez soi.

Aujourd'hui nous avons roulé pendant 380 km. Pas de moyenne cette fois, mon compteur électronique s'étant arrêté le matin, certainement à cause du froid !

Le mot de la fin à Jacques :
"Pour notre première sortie du printemps, le 10 avril, nous avons avions tout prévu, fait la reconnaissance , trouvé le bon restaurant et nous n'avons pas été déçus ! Une sortie inoubliable avec des souvenirs à se raconter longtemps : Depuis Fréjus la pluie jusqu'au Col de Valferrière, puis le froid  (3° à peine), puis les premiers flocons, les chasse-neige, la neige, une chute (sans gravité) puis les arbres en fleurs, des paysages tout enneigés, le ciel bleu, le magnifique défilé de la Pierre Écrite sous un soleil radieux, un bon restaurant, un dépannage de moto, puis le retour avec des rafales de mistral à près de 90 à l'heure, ça a été parfait !!! Pas de grincheux, pas de geignards, nos femmes ont été comme toujours splendides et en plus stoïques malgré les désagréments climatiques. En fin de compte, à Sillans-la-Cascade au dernier pot avant retour, tout  le monde s'est félicité d'une balade extraordinairement riche en paysages somptueux (les mots ne sont pas trop forts), en péripéties et tout cela en toute amitié."

A bientôt pour d'autres aventures !

Jean-Marc.


Photos : Jean-Marc, Jean-Pierre, Eric.
Sources : carte Michelin 245, www.provenceweb.fr, www.netprovence.com, www.geol-alp.com


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