Nous n'y croyions plus...
Après la pluie, la neige, les nuages bas des semaines
précédentes lors de nos sorties on ne s'attendait
franchement pas à un miracle. La météo ? On n'y
croyait plus non plus ! Et pourtant...

Comme à l'accoutumée les premiers arrivants alignent leurs
machines sur le parking de Casino à Fréjus,
sous un beau ciel bleu qui annonce... le mistral ! Pour la Camargue, c'est tout bon ! Un
seul groupe au départ, nous rejoindrons les autres, après 72 km d'autoroute,
à Cambarette Nord.

La jonction est faite avec nos amis du Golfe de St Tropez, de Toulon,
de la Seyne...Nous sommes au complet. Dix neuf pour une belle balade en
perspective, si le vent veut bien nous laisser faire.

On constitue deux groupes avant de partir en direction
de Trets, Gardane, Martigues, Fos qui nous voient passer sous un fort
mistral, pénible pour certains. La route faite n'est qu'un trajet
d'approche et, hormis une très jolie vue depuis le pont en
passant au dessus de Martigues, il n'y a rien de particulier à
signaler... sauf que ça n'est pas particulièrement
touristique. Industrialisée à outrance cette
région a perdu toute authenticité.


Avant Port Saint-Louis nous embarquons à Barcarin pour traverser
le Rhône sur le bac. Antérieurement gratuit il faut
maintenant débourser 3€ pour arriver à Salins de
Giraud. C'est toutefois toujours dépaysant que de se
savoir sur un "bateau". La vraie balade ne commencera toutefois
qu'après que nous ayons rejoint les rives de l'Etang de
Vaccarès. Nous roulerons à petite allure, il faut
pouvoir observer, savoir s'arrêter et nous le ferons à
plusieurs reprises, ça en valait la peine.
Des vastes forêts qui couvraient la Camargue, il ne reste que
quelques bocages. Les lieux dits "Bois Verdun", "Sylvéréal"
laissent imaginer l'ancienne physionomie du delta. Les besoins de l'homme sont la
principale cause de leur disparition.
Ce qui frappe le visiteur, ce sont ces vastes étendues
marécageuses "les sansouires", terres gorgées d'eau et de sel où
poussent les salicornes, brunâtres à l'automne, prenant une teinte
rousse pendant toute la période hivernale.
Par endroits, le sol est tapissée de saladelles, d'un bleu
tendre, elles fleurissent de l'été à l'automne.
Dans les terres moins incultes poussent les iris, les genêts, les
myosotis, les asphodèles colorant la magnifique Camargue au printemps.
Les berges des marais et des canaux sont plantées de roseaux: la
sagne (sagno) dont les gardians couvrent leurs cabanes.
Le delta du Rhône est un des plus grands centres migratoires
d'Europe, c'est là que quelques 350 espèces d'oiseaux
répertoriées viennent nicher et se reproduire.
Certains de passage, d'autres ayant élu domicile dans les
roselières, les champs, les marais.
La spécificité de ce milieu humide, mélange d'eau douce et d'eau
salée, explique la présence en grand nombre de palmipèdes.
Les oiseaux marins que sont les goélands argentés, la mouette
rieuse et les sternes ont choisi les grands étangs du sud de la Camargue,
les plus proches de la mer, pour nicher et se reproduire.




La beauté se suffit à elle-même...

Chaque groupe a su se ranger pour apprécier tout cela...

une modeste cabane au milieu des salicornes.

L'étang aux contours dessinés de bien belle façon.

Ce fut un réel plaisir , les iris jaunes étaient en
fleurs mais nous n'en phtographiâmes pas plus... Dommage on ne
pouvait toutefois pas s'arrêter partout !
C'est un peu à regret que nous quittons ces lieux si beaux
mais l'Histoire nous attend. En avant vers Aigues-Mortes !

Aigues-Mortes doit son nom (les eaux mortes), aux marais qui entourent depuis
bien longtemps cette petite agglomération située à
l'ouest du petit Rhône.
Port reculé à l'intérieur des terres, son histoire est
liée au règne de Louis IX.
En 1240, le Roi obtient des moines de l'Abbaye de Psalmody la ville et les
terres côtières alentour. Il s'intéresse alors
à la position géographique de cette bourgade qu'est Aigues-Mortes au
Xlllè siècle et bénéficie en même temps des revenus non
négligeables de la "gabelle", impôt sur la production du sel.
Il entreprend l'édification de la ville et d'importants aménagements du
port en vue de s'embarquer pour la croisade. Afin de protéger ce territoire
isolé du royaume, Saint-Louis fait entamer dès 1421 la construction des
remparts qui débute par l'édification de la Tour de Constance.
Terrassé par la peste à Tunis, le Roi meurt et c'est sous le règne
de son petit fils, Philippe le Bel que sont terminés les travaux.
Ce quadrilatère de pierres d'un périmètre de 1640
mètres est la réplique de ceux bâtis en Orient par les Croisés
pour protéger leurs places fortes.
La beauté de 1'enceinte d'Aigues-Mortes réside en sa
grande simplicité et sa parfaite homogénéité architecturale.

Et c'est devant des murailles impressionnantes que nous laissons nos
motos, avant d'entrer dans la cité de Louis IX plus connu sous le nom
de Saint Louis.


Nadine et Hubert à la découverte, suivis par tous...

Comment s'y reconnaître au milieu de cette foule bigarrée ?
Et pourtant...

Pour une surprise, c'est une surprise !
Jojo et Angèle, de passage dans la même cité que nous,
avaient monté, sans nous prévenir bien sûr, ce
petit coup sympathique pour nous retrouver à Aigues-Mortes et partager notre repas.
Ensuite ils ont fait la route du retour avec nous. Ce fut un plaisir,
un très grand plaisir que de les revoir.

Pendant ce temps-là St-Louis nous attendait sur la place...

Le Restaurant "Le Minos" aussi d'ailleurs et c'est avec appétit que
nous sommes installés sous les dais de toile, autour de tables
agrémentées de nappes et de serviettes en tissu. le phénomène
devenant rare, il convenait de le citer !

Le repas est toujours un grand moment de
convivialité, chacun sur les photos s'y retrouvera...

Soupe de poissons, rouille et croûtons, Gris de Gris de Listel

Daube de toro au riz de camargue, Cabernet Sauvignon

Un très fin et délicat Bavarois avec crême anglaise
accompagné d'un bon café.
Notre repas fut parfait et le plaisir des convives fut unanime.

Le Président semble avoir bien profité du repas... Mais,
autant, n'est-ce pas pêché ?!!!
Il était donc temps de faire une petite promenade digestive et
la majestuosité des remparts nous est rappelée par la force
de l'architecture militaire.


Il nous faut reprendre la route et comme nous avons
décidé de poursuivre jusqu'aux Saintes-Maries de la Mer
il est temps d'y aller.
Quelques tours de roue, soit douze kilomètres, nous y
mènent pour une dernière flânerie dans les rues
avant de faire la route du retour. D'abord par la route jusqu'à
Arles avant de reprendre l'autoroute jusqu'à Fréjus pour
les uns, Les Arcs, Régusse, Cogolin, Toulon, Nice... pour les autres.
Depuis ce matin, de Fréjus, nous aurons parcouru 560
kilomètres. Ce fut une très belle randonnée...

A bientôt !
Texte : Jacques
Photos : Jean-Pierre, Michel, Marc, Jacques.
Mise en page : Jean-Marc
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